Rencontre avec Jean Yves Ollivier, l'entrepreneur français qui travaille dur pour apporter la paix en Libye

Jean Yves OllivierJean Yves Ollivier

Jean Yves Ollivier, entrepreneur et philanthrope français, est le fondateur de la Fondation Brazzaville, une organisation qui cherche à faciliter le dialogue et à parvenir à une meilleure compréhension entre les parties en conflit chaque fois que la diplomatie informelle, la construction de ponts et l’engagement discret et pragmatique offrent une autre voie à suivre. Il était un profil clé décrit dans le documentaire «Plot for Peace», acclamé dans le monde entier, et a beaucoup d'expérience dans la facilitation d'accords internationaux avec des acteurs privés et publics.

J'ai récemment rencontré Jean Yves Ollivier et il a parlé de la dernière mission de sa fondation visant à apporter un changement durable en Libye.

Qu'est-ce que votre fondation espère accomplir pour parvenir à la réconciliation libyenne?

La Libye est une nation magnifique, bénie par son emplacement, riche en histoire, riche en ressources et capable de tracer une nouvelle voie vers une prospérité durable. Mais le fait qu'il soit si difficile de résoudre la crise en Libye montre que les éléments de base pour parvenir à un règlement politique ne sont toujours pas en place.

Notre objectif est d’aider à éliminer les barrières de méfiance qui divisent actuellement les Libyens et qui continuent d’être les principaux obstacles à la paix et à la réconciliation. Nous voulons réunir toutes les parties à la table et établir un dialogue qui permette à différentes voix de se faire entendre. Ce ne sont pas des réunions de négociation, mais nous espérons qu’elles créeront un processus de rapprochement et favoriseront une vision commune de l’avenir de la Libye qui sous-tendra les négociations en vue d’un éventuel règlement politique. Ils appuient ainsi les efforts déployés par l'ONU, l'Union africaine et d'autres pays pour apporter la paix et la stabilité dans le pays et l'appuyer.

Quels ont été les défis liés à l'organisation de ces discussions à Dakar?

Les divisions en Libye sont profondes. Ils existaient avant 2011 et le renversement de Kadhafi et se sont approfondis depuis. Convaincre les Libyens si divisés de s’asseoir à Dakar et, une fois sur place, d’accepter de ne pas s’attarder sur le passé, mais de regarder vers l’avenir et de chercher un terrain d’entente a constitué un énorme défi. Mais le succès de Dakar 1 et la volonté de tenir Dakar 2 ont montré que cela pouvait être fait.

Malgré leurs doutes et leurs doutes, nous avons persuadé les Libyens de tous les horizons politiques, y compris leurs opposants de longue date, de se rencontrer à Dakar, pour la première fois, et de se parler librement, sans intermédiaire ni ingérence extérieure. Ils ont continué à le faire depuis. Ce dialogue est le début d’un voyage vers la revitalisation de la véritable nation.

Je voudrais tout particulièrement remercier le Président sénégalais Macky Sall pour son aide et son soutien dans l’organisation de la réunion à Dakar et le membre honoraire de la Fondation, Moustapha Niasse, Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, qui a accepté de jouer le rôle de Facilitateur.

Quelles ont été vos motivations lors du lancement de la Fondation Brazzaville et en quoi cette fondation et ses interventions sont-elles uniques?

Nous sommes une organisation indépendante à but non lucratif vouée à la paix, à la prospérité et à la conservation. Le nom de la Fondation a été inspiré par l'accord de Brazzaville de 1988, qui a permis de résoudre pacifiquement les conflits en Afrique australe et a ouvert la voie à la fin de l'apartheid. À l'époque, j'avais un rôle à jouer en coulisse pour amener certains des acteurs clés à accepter de se rencontrer à Brazzaville.

L’un de mes objectifs lors de la création de la Fondation Brazzaville était de promouvoir la paix et la réconciliation par des efforts indépendants, impartiaux et discrets visant à instaurer un dialogue et une compréhension mutuelle, car ma propre expérience, ainsi que celle de nombre de nos distingués membres du Conseil d’administration, a montré que de tels efforts sont indispensables pour trouver des solutions pacifiques aux conflits potentiels en Afrique et au-delà. La Fondation agit en tant qu'intermédiaire honnête, aidant les protagonistes à trouver des moyens de se parler et de trouver un terrain d’entente pour un avenir pacifique.

Outre son travail de dialogue et de prévention des conflits, la Fondation a pour objectif de relever certains des principaux défis auxquels le continent africain est confronté en développant des initiatives économiques, environnementales et de conservation qui soutiennent les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies et rapprochent les pays. peuples ensemble dans une coopération pacifique.

La proposition de la Fondation de créer un Fonds bleu pour le bassin du Congo, qui a été lancée lors du sommet de la COP 22 sur les changements climatiques à Marrakech en 2016, bénéficie désormais du soutien de tous les pays du bassin du Congo et est approuvée par l'Union africaine. Il s'agit d'une initiative majeure de développement durable visant à réduire la pression d'exploitation des forêts du bassin du Congo et à réduire ainsi l'impact du réchauffement climatique en promouvant un développement économique alternatif utilisant les ressources du fleuve Congo et de ses affluents.

Nous nous sommes également associés à l'ONG «Stop Ivory» pour promouvoir l'Initiative pour la protection des éléphants (EPI). Cette initiative, lancée par le Botswana, le Tchad, l’Éthiopie, le Gabon et la Tanzanie, réunit des États africains, des organisations intergouvernementales, la communauté des ONG et le secteur privé afin de protéger les éléphants d’Afrique en mettant fin au commerce illégal de l’ivoire.

La Fondation étudie également la possibilité d'un projet de conservation transfrontalier majeur en Afrique centrale.

Notre objectif est de pratiquer ce que nous prêchons et non pas de rester en marge de l’histoire.

Que peuvent faire les secteurs public et privé, le cas échéant, pour participer?

Il existe de nombreux problèmes aujourd'hui – économiques, sociaux, environnementaux et de plus en plus politiques – dont la complexité requiert de nouveaux modèles de coopération permettant de forger des partenariats entre les États, la société civile, y compris les ONG, et le secteur privé, afin de trouver les bonnes solutions. Nous souhaitons encourager ces nouveaux modèles de coopération. Le Fonds bleu du bassin du Congo en est un exemple, une idée initialement proposée par la Fondation, mais dont le succès dépendra de la collaboration des secteurs public et privé pour fournir les fonds nécessaires, identifier et mettre en œuvre des projets appropriés.

Un autre exemple est la lutte contre le trafic croissant de médicaments de qualité inférieure et falsifiés. Ce problème est particulièrement grave en Afrique, où, selon l’OMS, entre 30 et 60% des produits pharmaceutiques sont de qualité inférieure ou faux. La Fondation collabore avec le Harvard Global Health Institute pour mettre en évidence ce problème et nous avons récemment organisé une conférence réunissant des universitaires, des chercheurs et des représentants de l’OMS, des gouvernements, des ONG et de l’industrie pharmaceutique afin d’examiner la meilleure façon de lutter contre ce problème dangereux et souvent dangereux. scénario mortel.

Où envisagez-vous la Fondation de Brazzaville à l’avenir et que voyez-vous comme résultat final des pourparlers de Dakar 1 et 2?

La Fondation Brazzaville a organisé et soutenu ces discussions en partant de la conviction que seuls les Libyens peuvent rétablir la confiance, réconcilier leurs différences et assurer ainsi un avenir prospère et pacifique. Si nous pouvons créer un dialogue et une vision commune qui sous-tendent et facilitent des négociations fructueuses en vue d'un règlement politique, nous aurons atteint notre objectif.

La Fondation continue de se fixer un programme ambitieux, mais je pense que nous pouvons réellement contribuer à aider l'Afrique à relever certains des nombreux défis auxquels elle est confrontée et à l'aider à assurer un avenir plus pacifique et prospère.

Suis moi sur Twitter @MfonobongNsehe. E-mail: mfon.nsehe @ gmail .com