Pourquoi les actionnaires d'Air France-KLM ont-ils si peur du gouvernement néerlandais?

Air France a fusionné avec KLM en 2004, mais les deux compagnies aériennes nationales ont conservé leurs marques, leurs structures de gestion et leur culture d'entreprise.

Air France-KLM

Les actions d’Air France-KLM ont chuté jusqu’à 15% ce matin après la décision surprise du gouvernement néerlandais d’acquérir une part importante du groupe aérien.

Cette initiative vise à mettre La Haye sur un pied d’égalité avec Paris en ce qui concerne la stratégie à adopter pour le holding, qui a été créé en 2004 par une fusion des transporteurs de la France et des Pays-Bas.

"Avec cet achat d'actions, le gouvernement néerlandais souhaite pouvoir influer directement sur le développement futur d'Air France-KLM afin de garantir de manière optimale l'intérêt public néerlandais", a déclaré le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, à propos de l'acquisition de 12,68% du capital La Haye environ 680 millions d’euros (774 millions de dollars).

L’État néerlandais détenait déjà une participation de 5,9% dans KLM, mais était en retard sur la France pour le contrôle du groupe. La Haye prévoit de renforcer sa participation dans les prochaines semaines pour s'aligner sur la participation de 14,3% de Paris.

Hoekstra a précisé: «Ces dernières années, il est devenu évident que d'importantes décisions concernant la stratégie de KLM étaient de plus en plus prises par la holding Air France-KLM."

Ses remarques soulignent les tensions de longue date qui ont atteint leur point d’ébullition ce mois-ci au milieu d’une querelle publique sur le sort de Pieter Elbers, directeur général de KLM, que le conseil d’administration à dominante française de la société de portefeuille cherche à écarter. Le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, considérerait Elbers comme un obstacle à ses projets d’intégration plus étroite des deux compagnies.

La rentabilité réduite d'Air France et les conflits industriels récurrents ont été un autre sujet de discorde.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a réagi à cette nouvelle en se plaignant que ni son gouvernement ni le conseil d’administration d’Air France-KLM n’avaient été prévenus. Il a averti La Haye – avec une certaine ironie – d’éviter toute «ingérence de l’État» dans le groupe.

Une source anonyme au sein du ministère a déclaré: «C’est une initiative peu amicale, surprenante et extrêmement préjudiciable sur le plan financier pour Air France-KLM … Les autorités néerlandaises ont déjà perdu 70 millions d’euros sur leur investissement. C’est leur problème … Les investisseurs sont complètement déconcertés par le déménagement. "

Les analystes disent que la volonté de La Haye de subir un grand coup financier souligne la logique particulière de la transaction.

Loin de marquer la confiance dans les perspectives commerciales d’Air France-KLM, le gouvernement néerlandais semble se positionner pour une relation plus conflictuelle qui pourrait un jour rendre l’alliance intenable. Les investisseurs ont raison d'être concernés.

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