Macron va faire appel aux fonds américains pour créer des start-up françaises

PARIS (Reuters) – Le président français Emmanuel Macron invitera cette semaine un groupe de capital-risqueurs de premier plan de la Silicon Valley à investir dans les start-ups américaines tout en leur demandant de ne pas "voler" les meilleures créations, ont déclaré quatre sources à Reuters.

Cet événement discret, qui n’est pas mentionné dans le programme officiel de M. Macron, survient à un moment difficile pour le leader français après que des émeutiers aient pillé et saccagé des boutiques et des commerces dans le centre de Paris et que des images chaotiques aient fait le tour du monde.

Andreessen Horowitz, Sequoia Capital et General Atlantic font partie des 40 dirigeants attendus à Paris mercredi et jeudi pour une tournée de la start-up française.

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Ce roadshow de deux jours comprend des présentations de sources appelées «superstars» technologiques investissant déjà en France, ainsi que des visites de pôles tels que l’incubateur technologique Station F dans l’est de Paris.

Mais au lieu de simplement les inciter à investir en France, M. Macron, qui doit accueillir les investisseurs à l'Elysée jeudi soir, dira également aux fonds américains d'aider les entreprises françaises à prospérer plutôt que de pousser les meilleurs entrepreneurs français à déménager. aux États Unis.

"Aujourd’hui, de nombreuses entreprises françaises collectent des fonds aux États-Unis et le réflexe habituel des sociétés de capital-risque américaines est de leur dire:" venez aux États-Unis alors ", a déclaré à Reuters une source au bureau de M. Macron.

"Nous leur dirons: c’est un écosystème, votre intérêt est de faire comme en Grande-Bretagne et en Israël: investissez ici et ne déplacez pas tout (aux États-Unis)", a déclaré la source.

L’événement avait été programmé avant les manifestations nationales qui ont transformé la capitale française en zone de bataille et le format de la comparution de M. Macron n’a pas encore été finalisé, ont indiqué des sources.

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Mettant son autorité au défi des manifestants du "gilet jaune", qui ont étendu samedi des slogans anticapitalistes sur les banques et les boutiques de luxe, M. Macron a tout mis en oeuvre pour contrer les dommages causés à l'image de la France.

La scène technologique française a connu un boom ces dernières années, aidée par les efforts de M. Macron pour faire de la France un «pays en démarrage», alors qu'une nouvelle génération d'entrepreneurs férus de technologie et moins intéressés par les carrières gouvernementales puise dans le vaste bassin d'ingénieurs que compte le Les meilleures universités produisent chaque année.

Les assistants de M. Macron ont déclaré que le secteur français de la technologie s'apprêtait à tirer parti de la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE pour supplanter son principal rival européen.

"Nous pensons que l'écosystème français dépassera celui d'Angleterre dans les années à venir", est l'un des messages que les investisseurs américains entendront, a déclaré la source de l'Elysée. Goldman Sachs et le fonds d'investissement privé KKR font également partie des participants.

Mais les entreprises françaises disent que les startups les plus prometteuses ont besoin d'un financement plus important pour rester. Les investissements ne sont pas assez importants pour créer des «licornes» d’une valeur supérieure à un milliard de dollars. Jusqu'à présent cette année, seules deux entreprises françaises ont clôturé des séries d'investissements de plus de 100 millions d'euros.

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Au lieu de cela, les startups françaises qui réussissent se font prendre par les rivaux américains, l’acquisition de la société de cartographie sociale Zenly par SnapChat l’année dernière affectant particulièrement la scène technologique française.

Lors de cette visite de deux jours, les investisseurs visiteront la station F, une start-up financée par le milliardaire des télécoms Xavier Niel. Ils rencontreront des entrepreneurs tels que David Gurle, patron du service de messagerie cryptée américain Symphony, qui a transféré son centre de recherche dans un parc technologique du sud-est de la France.

Tony Fadell, développeur de l'iPhone d'Apple, et Ian Rogers, ancien dirigeant de son lecteur multimédia iTunes, aujourd'hui directeur numérique du groupe de luxe LVMH, comptent parmi les personnalités technologiques américaines qui ont choisi de s'installer en France et feront des présentations.