Les relations Malte-France "à leur plus haut niveau"

Malte et la France ont trouvé un très bon équilibre entre la combinaison de ce qui est important pour nous sur le plan bilatéral et la fourniture de solutions à notre région et à la communauté internationale de manière plus large, a déclaré l'ambassadrice de Malte en France, Helga Mizzi.

Deux ans en tant qu'Ambassadeur de Malte en France – Quels ont été les temps forts à ce jour?

Ces deux années ont été une expérience des plus enrichissantes car le terrain est très fertile pour une coopération accrue. De très bons résultats ont été obtenus avec beaucoup d'effort et d'enthousiasme, et bien entendu avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et de la Promotion du commerce à Malte. Au cours de mon mandat jusqu’à présent, j’ai remarqué un changement de qualité dans le profil de Malte en France.

L'un des moments les plus mémorables serait la visite en France du ministre des Affaires étrangères, Carmelo Abela, à l'occasion des célébrations du 14 juillet en 2018. La visite a abouti à des entretiens officiels avec son homologue, le ministre Jean Yves Le Drian, qui a donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale et régionale et aboutir à la signature d'un accord de coopération entre les deux ministères des Affaires étrangères.

À la même occasion, j'avais organisé à l'ambassade un événement entre la ministre Abela et l'impressionnante diaspora maltaise en France.

Cet événement communautaire a renforcé la valeur de la visite du ministre, tout d’abord parce que la communauté franco-maltaise aspirait depuis des décennies à ce type d’accueil au sein de la diaspora maltaise à travers le monde. Deuxièmement, cette rencontre a élargi davantage notre propre concept de la migration maltaise, loin des cas très familiers de parents en Australie, au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

L’événement a également débouché sur un résultat concret, et je pourrais peut-être en faire l’un des événements marquants de mon mandat, puisqu’un représentant de la France a été nommé pour siéger au Conseil des Maltais de l’étranger, pour représenter les intérêts des membres de la communauté en France. C’était un accomplissement très apprécié par la communauté et dont je suis très fier.

Je ne peux pas parler de résultats marquants de ces derniers mois sans mentionner l'adhésion de Malte à l'Organisation de la Francophonie lors du sommet tenu à Erevan (Arménie) en octobre 2018. Cette décision a été très audacieuse de la part de Malte, pays traditionnellement associé au monde anglophone. , ce qui a porté ses fruits très positivement. Nous bénéficions déjà des avantages de nos membres grâce à une coopération avec des opérateurs de l’OIF tels que TV5 Monde et l’Alliance française de Malte. Outre les avantages immédiats liés à l’adhésion, c’est une opportunité de renforcer la présence de Malte dans le monde et nous sommes très satisfaits que nos efforts aient déjà donné des résultats.

Politiquement, comment décririez-vous les relations entre Malte et la France? Et sur quelles questions les deux pays sont-ils sur la même page?

Les relations entre les deux pays sont à leur plus haut niveau. Cela se voit facilement à la fréquence des visites de haut niveau et des réunions organisées à Malte et en France. J'ai eu le plaisir d'accueillir plusieurs nouvelles délégations maltaises conduites par le Premier ministre Joseph Muscat et le ministre des Affaires étrangères, ainsi que plusieurs autres ministres, afin de discuter de questions allant des domaines purement politique à l'infrastructure, à l'éducation, à la culture, à l'environnement et à l'agriculture. , qui ont tous contribué à générer un dynamisme sans précédent dans nos relations.

Ce qui est le plus remarquable dans l’évolution de nos relations, c’est que nous semblons avoir trouvé un très bon équilibre en combinant ce qui est important pour nous bilatéralement et en apportant des solutions à notre région et à la communauté internationale au sens large.

Cela s’applique parfaitement à la Méditerranée, un sujet que les deux pays considèrent comme une priorité dans leurs programmes de politique étrangère. Nous travaillons vraiment main dans la main dans toutes les instances dont nous sommes mutuellement membres – Union pour la Méditerranée 5 + 5, EU MED 7 et Assemblée parlementaire pour la Méditerranée – afin de relever les défis de longue date et émergents dans cette région: bien au-delà des paramètres stricts de sécurité et de stabilité.

Parmi les exemples les plus récents de vision partagée et de coopération pratique sur les questions méditerranéennes, on peut citer le sommet UE-MED-7 tenu à Malte ainsi que le Sommet des Deux Rives ou le Sommet des deux rivages à Marseille, qui a réuni La ministre Abela ainsi que des représentants de la société civile de Malte.

Ce sommet, qui s'est tenu les 23 et 24 juin, a vu sa première mention politique dans la déclaration adoptée lors de la réunion ministérielle 5 + 5 de janvier 2019 à Malte, à laquelle a participé le ministre Le Drian. Lors de cette visite à Malte en janvier, une nouvelle série de pourparlers bilatéraux a été organisée pour couvrir toute une série de questions importantes pour les deux pays, tout en préservant le devant de la scène méditerranéen.

Souhaitant une Europe des valeurs et de la solidarité, fondée sur les concepts d'exclusion et de préjugés

La Libye figurait au premier rang des questions abordées entre les deux ministres. Ce dossier figure en bonne place dans les agendas diplomatiques de Malte et de la France. Même sur ce front, notre coopération a été une coopération tangible basée sur des étapes concrètes pour une éventuelle voie pacifique. Le Premier ministre Muscat a participé au sommet de Paris sur la Libye de mai 2018, qui a rassemblé les principales factions politiques du pays et qui a abouti à l'adoption d'un plan d'action qui ouvre la voie.

L’Europe est aussi une question sur laquelle Paris et La Valette sont pratiquement d'accord. Tous deux sont attachés à une Europe des valeurs et de la solidarité, orientée clairement par les concepts d'exclusion et de préjugés. Surtout, ils contribuent tous deux activement à une Europe solidaire, ce qui s’est manifesté clairement lorsqu’on a essayé de trouver des solutions aux cas de migrants bloqués en Méditerranée au cours de l’année écoulée. La coopération entre la France et Malte a été et reste très exemplaire.

Au niveau mondial, j’identifierais le changement climatique, la stabilité au Moyen-Orient et une solution globale en matière de migration comme principaux dossiers de coopération entre Malte et la France, investissant tous deux de l’énergie dans les enceintes appropriées, notamment les Nations Unies.

Vous avez récemment pris la parole lors d'un forum commémorant les 30 ans de la Chambre de commerce franco-maltaise. De quelle manière le MFCC contribue-t-il à améliorer les relations commerciales entre les deux pays?

Je trouve que la MFCC est le groupe de coordination le mieux placé, actuellement en activité, grâce auquel nous pouvons favoriser des contacts directs et ciblés entre les opérateurs et surtout une compréhension de l'environnement et des opportunités des entreprises dans les pays respectifs.

Au cours des deux dernières années, j’ai eu le plaisir de travailler directement avec la Chambre lors de séminaires et de visites de familiarisation que j’avais organisées tant à Paris que dans les villes au plus fort potentiel d’affaires et d’investissements sur le territoire français.

À titre d'exemple, les 30 et 31 janvier 2018, des représentants de Malta Enterprise, de Finance Malte, de la Chambre de commerce Malte-France et de l'Office du tourisme de Malte se sont rendus à Paris et à Lille pour prendre la parole lors d'événements organisés par l'ambassade de Malte en France. L’événement visait principalement à renforcer la forte performance économique de Malte et à identifier les moyens permettant d’intensifier les relations commerciales franco-maltaises. La délégation maltaise a eu l’occasion de rencontrer plusieurs acteurs commerciaux basés en France, notamment le réseau des ambassadeurs à Paris, les World Lille Center Lille et Arras, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et CCI International Hauts-de-France.

La valeur ajoutée de la Chambre réside dans ses formidables capacités de réseautage et l’efficacité du profilage avec laquelle elle met en relation les entrepreneurs avec les autorités compétentes ou, mieux encore, avec des partenaires commerciaux potentiels.

Je recommanderais que ce type de format soit reproduit avec d'autres partenaires commerciaux importants pour Malte. L’ouverture de la Chambre aux domaines nouveaux et émergents, tels que l’intelligence artificielle et les crypto-monnaies, et l’accent qu’elle met sur la modernisation de ses membres pour les inclure, ainsi que les domaines connexes, sont tout aussi importantes.

Des statistiques récentes montrent que si les exportations de biens et de services de la France vers Malte ont augmenté de 144%, celles de Malte vers la France ont augmenté de 32%. Qu'est-ce qui contribue à cette croissance et quels secteurs peuvent mieux s'en sortir?

Au cours des dernières années, les échanges commerciaux entre Malte et la France se sont généralement situés entre 450 et 550 millions d’euros. En 2018, l'activité commerciale était supérieure à cette moyenne, atteignant 563 millions d'euros, dont 294 millions d'euros d'importations et 268,8 millions d'euros d'exportations. L'année dernière, les principaux produits importés de France étaient des machines électriques, des aéronefs et des pièces d'aéronefs. Par ailleurs, les exportations étaient principalement composées de machines électriques et de combustibles minéraux.

Il convient de noter qu'au cours des trois premiers mois de 2019, les importations en provenance de la France se sont élevées à 72,1 millions d'euros, contre 40,8 millions d'euros pour la même période en 2018.

Sur le plan de la fabrication, ST Microelectronics est un exemple réussi d’investissement français à Malte, qui peut être considérée comme l’une des plus grandes usines de fabrication à Malte, en termes de nombre d’employés et d’exportations. Freeport, à Malte, est actuellement exploitée par la société française de transport et de conteneur CMA CGM.

Un certain nombre de sociétés françaises du secteur financier ainsi que plusieurs sociétés de jeux en ligne ont manifesté un intérêt et des investissements importants. En effet, Malte a connu une augmentation du nombre d'entreprises françaises dans les secteurs des services, des TIC et des médias numériques.

En ce qui concerne le renforcement de l'activité économique et des investissements français à l'avenir, j'examinerais la fabrication de pointe: ingénierie de précision, produits pharmaceutiques, pièces pour avions, développement de logiciels, intelligence artificielle et cryptomonnaies.

Il en va de même pour l’aviation, un domaine dans lequel Malte a créé un centre d’excellence pour la maintenance et l’entretien des aéronefs, ainsi que des formations pour les techniciens et les mécaniciens aéronautiques. Malte dispose également d’un registre des aéronefs en forte croissance, qui repose sur une structure juridique souple et compétitive.

L’ambassade collabore étroitement avec Malte Enterprise, Trade Malta, Finance Malta, le gouvernement maltais et le Digital Innovation Authority pour mettre en avant les incitations et les infrastructures commerciales que Malte offre à l’investisseur français. Parallèlement, l’Unité de diplomatie commerciale du ministère aide l’ambassade à apporter toute l’assistance nécessaire aux initiatives destinées à renforcer la notoriété de Malte en tant que destination pour les entreprises et les investissements.

De meilleures connexions entre les deux pays contribueraient-elles à la croissance du tourisme entre Malte et la France?

Les deux pays sont déjà très bien connectés, avec des vols quotidiens au départ des deux aéroports parisiens Charles de Gaulle et Orly. D'autres hubs régionaux sont également desservis par des vols directs tels que Marseille, Bordeaux, Lyon et Nice, pour ne citer que ceux-là. Cela a abouti à des chiffres record pour le tourisme, sur lesquels nous comptons continuer à nous appuyer.

L'année dernière a été une année record, avec 200 000 visiteurs français extraordinaires à Malte, représentant environ 10% de l'ensemble du tourisme récepteur à Malte.

L’augmentation du nombre de visiteurs français semble être sur la bonne voie, les statistiques faisant état d’une nouvelle augmentation de 17% au cours des deux premiers mois de cette année, qui est passée à 18 000 par rapport aux mois correspondants de 2018. Leurs dépenses totales à Malte ont atteint 10,5 millions d’euros, soit une augmentation de 6% dans les mêmes délais.

Malte est considérée comme un modèle et un normalisateur

De nos jours, on peut vraiment dire que le tourisme français à Malte ne se limite pas à une période de l’année. Nos invités français voyagent principalement pour découvrir notre patrimoine historique et culturel, ce qu’ils peuvent faire toute l’année et pas seulement en été. Les réactions que je reçois à l’ambassade sont très positives. La Valette, Mdina et Gozo sont les sites de prédilection compte tenu de leur histoire unique.

Je tiens à souligner le travail remarquable mené toute l'année par l'office du tourisme de Malte à Paris, afin de s'assurer que Malte reste fermement sur le radar du tourisme en France.

L'IA, la blockchain et les cryptos sont les nouveaux venus dans le secteur des affaires. Malte et la France collaborent-ils dans ces secteurs?

Le profil de Malte en tant qu’île de Blockchain et ses innovations dans le domaine des technologies de grand livre réparti suscitent un intérêt croissant de la part de la France au cours des deux dernières années.

Le fait que Malte ait effectivement légiféré pour réglementer ce domaine a attiré plusieurs acteurs français dans le domaine. Malte offre non seulement le confort d'une juridiction de l'Union européenne, mais elle a également mis en place un cadre législatif inébranlable. La rapidité avec laquelle Malte a pu le faire semble être très impressionnante pour les acteurs français dans ce domaine.

D'une certaine manière, Malte est très considérée comme un modèle et un normalisateur non seulement à la base, mais aussi aux niveaux national et international. En fait, Malte a été invitée à participer à deux événements marquants à Paris, à savoir le sommet GovTech et le forum sur la gouvernance de l'internet, tenus en novembre 2018, en présence du Premier ministre Muscat et du secrétaire parlementaire pour les services financiers, l'économie numérique et l'innovation, Silvio Schembri. .

Ce qui est remarquable sur les deux fronts, ce n’est pas tant ce que Malte a réussi à atteindre dans ces domaines, mais le rôle qu’elle peut jouer en partageant son expertise sur la manière dont de tels outils innovants peuvent contribuer directement à améliorer la vie des citoyens.

Quels ont été les principaux résultats du sommet de l'UE du Sud, notamment en ce qui concerne les relations entre Malte et la France?

Le sommet EUMED7 a été en lui-même une plate-forme supplémentaire pour la coordination franco-malienne sur des questions relatives à la stabilité et à la croissance de notre voisinage commun, ainsi que sur des questions liées à l'Union européenne telles que le cadre financier pluriannuel, les droits sociaux et la zone euro. La stabilité en Méditerranée, la situation en Libye et le scénario dominant y figuraient également parmi les points sur lesquels un accord avait été conclu entre Malte et la France, avec les cinq autres membres.

En ce qui concerne les relations entre la France et Malte, le sommet a donné lieu à une réunion très importante entre l’hon. Le Premier ministre et le président de la République française, Emanuel Macron, à l'Auberge de Castille. Alors que les deux réunions se réunissent régulièrement lors des réunions du Conseil européen, ainsi que lors d'autres réunions internationales, le fait que les pourparlers officiels se soient tenus à La Valette ajoute un élan saisissant aux excellentes relations entre les deux dirigeants, mais également entre les pays.