Les investisseurs en biotechnologie affluent à Paris

Demandez à un touriste estival l’attraction principale de Paris et la réponse appropriée sera les musées, les restaurants et les magasins. Pour les investisseurs du monde entier, la solution est HealthTech Investor Days, un événement parrainé par France Biotech, une association d’entrepreneurs français dans les sciences de la vie.

Au cours des dix dernières années, la France a mis en place un secteur biotechnologique dynamique axé sur le développement de médicaments cliniques. En effet, plusieurs marques pharmaceutiques internationales, dont Sanofi S.A., les laboratoires Servier, Ipsen, Pierre Fabre et LFB Biotechnologies, sont des sociétés françaises.

Le secteur français de la santé compte aujourd'hui plus de 1 800 entreprises, selon une enquête menée par France Biotech. Cela comprend 720 entreprises de biotechnologie, 73 entreprises de biotechnologies propres, 886 entreprises spécialisées dans les dispositifs médicaux et le diagnostic et 200 entreprises spécialisées dans la santé en ligne.

Attirer les investisseurs du monde entier à Paris est l’occasion de rencontrer les plus de 70 entreprises participantes des secteurs de la biotechnologie, de la technologie médicale et numérique. L'événement devrait attirer des poids lourds de l'investissement asiatique tels que Cathay Innovation et Hermed Capital. Et aux États-Unis, les participants incluront Bridgepoint, Watermill Asset Management, OrbiMed et H.C. Wainwright & Co, réputé pour ses idées d'investissement prometteuses.

Sofinnova Partners, une société d’investissement basée à Paris et centrée sur l’UE, sera également disponible pour aider les entreprises qui sont des investissements existants et pour apprendre aux côtés de leurs homologues.

Pour se qualifier, les entreprises participantes n'ont besoin que d'une capitalisation boursière d'environ 20 millions d'euros. Mais ces soi-disant entreprises en démarrage seront associées à un groupe de poids lourds qui ressemblent à des licornes, offrant ainsi des antécédents professionnels fructueux.

Nanobiotix, une société parisienne de nanomédecine, développe des thérapies pour renforcer l’effet de la radiothérapie sur divers cancers. La société cotée sur Euronext Paris (EPA: NANO) suscite un intérêt accru des investisseurs depuis l'obtention de la certification CE pour sa première thérapie, Hensify, du sarcome des tissus mous. Ce traitement fonctionne avec une seule injection avant de commencer un protocole de radiation. En permettant à une tumeur d'absorber jusqu'à neuf fois plus de radiations que la normale, Hensify améliore l'efficacité du traitement, avec des quantités réduites et un meilleur ciblage des radiations, minimisant ainsi l'impact sur les tissus sains.

Nanobiotix, qui envisage d’être inscrit sur la liste des États-Unis, se prépare à un essai clinique avancé pour le traitement du cancer de la tête et du cou. Selon Peter Welford, analyste chez Jefferies, le traitement du cancer de la tête et du cou présente un «potentiel de blockbuster». Il prévoit que le stock pourrait plus que doubler et atteindre 23 €.

Genfit (GNFT), également coté à Nasdaq et basé à Paris, développe actuellement un traitement contre la NASH, la stéatohépatite sans alcool, la forme la plus grave de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD). Selon les analystes, les opportunités de marché sont énormes: elles peuvent atteindre 35 milliards de dollars. Elafibranor, le traitement principal de Genfit, est un traitement oral quotidien visant à éliminer la NASH. La société devrait publier de nouvelles données cette année sur un essai tardif de la NASH.

Genfit a également mis au point un kit de diagnostic à base de sang pour tester la NASH, qui est commercialisé par LabCorp pour les cliniciens. Si approuvé par la FDA, ce test serait la seule alternative au biomarqueur à base de sang à la biopsie du foie, la norme de soins actuelle. De plus, Genfit vient de lancer un nouveau programme clinique pour tester elafibranor dans le cadre d’une thérapie combinée, ainsi qu’un nouvel essai de phase 2 pour les patients atteints de SNA.

Dans un récent rapport, Pacha Sarraf de SVB Leerink a écrit: «Nous sommes convaincus qu'Elafibranor a un profil significatif en tant qu'agent de la NASH.» Sarraf a un objectif de cours de 58 $ sur le titre, qui a clôturé récemment à 20,39.

Pharnext (Euronext: ALPHA) est un autre acteur majeur de la conférence des investisseurs à Paris. Cette biotech basée à Paris exploite les données massives pour identifier de nouvelles opportunités de développement de médicaments en créant de nouvelles combinaisons de médicaments approuvés par la FDA et en les ciblant sur des maladies pour lesquelles aucun traitement n'est connu. En combinant des médicaments précédemment approuvés, la société est en mesure de raccourcir le processus d'approbation d'un médicament typique de 15 à 20 ans de sept ans.

Pharnext travaille actuellement sur des médicaments pour diverses maladies neurodégénératives, dont la maladie de Parkinson et la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT1a). À la fin de l’année dernière, Pharnext a annoncé des résultats positifs pour son étude pivot de phase 3 sur le PXT3003 pour le traitement de la CMT1a. La société parisienne de recherche sur les actions Kepler Chevreux a récemment publié un rapport faisant état de l’efficacité démontrée et prometteuse de ce médicament, affirmant qu’il «pourrait devenir la référence en matière de traitement des patients atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 1A».

En février 2019, la FDA a attribué la désignation de médicament Fast Track. Pharnext envisage de déposer son approbation aux États-Unis et en Europe au cours du second semestre de cette année et de commercialiser le médicament en 2020. À l'aide du même modèle de réseau Big Data, Pharnext a également mis au point un médicament traitant des maladies telles que la sclérose latérale amyotrophique ) et la maladie d’Alzheimer, PXT 864, qui fait actuellement l’objet d’essais de phase 2 et qui ont donné des résultats encourageants jusqu’à présent. Le chef de la direction de Pharnext est le Dr Daniel Cohen, un pionnier de l’utilisation du big data en biologie.

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