Le débat national français après la démission de Chantal Jouanno

Quelques jours avant la France devait se lancer dans un débat national intitulé "Commission nationale du débat public", en réponse aux semaines de protestations de "gilets jaunes" (gilets jaunes), Chantal Jouanno, ancienne ministre choisie pour diriger l'exercice a démissionné.

Gilets jaunes contre le gouvernement français. Rendu 3D

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La raison en est un sentiment de choc public face au salaire mensuel qu'elle devait recevoir. Ce montant s’élevait à 14 666 euros (16 800 dollars). En comparaison, le salaire minimum en France était de 1498,47 euros par mois en 2018.

Faites les maths. Chantal Jouanno devait toucher 9,78 fois le salaire minimum. C’est un autre exemple frappant de la perte de contact de l’élite politique de l’Europe (en général) et de la France (en particulier) avec leurs électeurs respectifs.

Le débat national est toujours prévu pour le mardi 15 janvier 2019, bien que la démission de Mme Jouanno soit un revers. Moins d'une semaine avant l'ouverture du débat, les thèmes ne sont toujours pas précisés et, par conséquent, les conséquences socio-économiques et politiques sont, au mieux, peu claires. Peut-être que la clarté émergera d'un séminaire gouvernemental qui doit se tenir aujourd'hui (jusqu'à présent, il semble que cela continuera). Le président Emmanuel Macron, le Premier ministre Édouard Philippe et l'ensemble du gouvernement cherchent à définir le cadre du débat.

Le bureau du Premier ministre, Matignon House (l'Hôtel Matignon) a publié une déclaration dans laquelle il a déclaré:

"… Le gouvernement prend note de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l'issue du séminaire gouvernemental une organisation et un mode de pilotage du grand débat national qui présenteront des garanties équivalentes en termes d'indépendance et de neutralité, … "

Qui pourrait se présenter pour guider la France à traverser cette période difficile? Les "gilets jaunes" ne vont pas simplement disparaître étant donné que leur action a attiré l'attention de la classe politique française et a entraîné le renversement des augmentations d'impôts clés. Une solution pourrait être trouvée en s'adressant à la justice, qui pourrait être perçue comme étant plus en contact avec le peuple que l'élite parlementaire parisienne.

À la suite de la démission de Chantal Jouanno, Christophe Barbier, rédacteur en chef politique de BFM TV, chaîne d'informations en direct et météo en continu, a identifié un leader potentiel.

Il s’agit de Jacques Toubon, «le défenseur des droits», c’est-à-dire le chef d’une institution publique indépendante chargée de défendre les droits des personnes lorsque celles-ci sont violées. Il cherche à assurer un accès égal aux droits pour tous. Il est perçu comme étant à l’écoute des préoccupations des "gilets jaunes" et a démontré un talent pour la défense de ceux qui font face à des difficultés et à des épreuves.

Cela pourrait constituer un grand pas en avant pour rapprocher le débat des Français, l’ampleur et la portée de la discussion nationale pouvant faire appel au réseau des mairies du pays plutôt qu’à son maintien à Paris.

Un autre avantage incontestable réside dans le fait que l’Association des maires de France (AMF), qui gère l’utilisation des mairies locales, n’est pas perçue de manière aussi technique ou rigide que la Commission nationale du débat public.

La France doit trouver une solution rapide à ce problème, car les récentes manifestations ont été accusées de nuire à l'économie. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a condamné ces manifestations en déclarant à la radio Europe 1, à la chaîne de télévision Cnews et au journal Les Echos:

«… La crise du gilet jaune a un prix économique élevé. … j’avais déjà prévenu que la crise réduirait la croissance de 0,1% au dernier trimestre … il est dans l’intérêt de tous que la crise prenne fin le plus rapidement possible … "

La Banque de France a confirmé ses craintes, affirmant que l'économie n'augmenterait que de 0,2% au quatrième trimestre 2018, contre 0,4% lors des précédentes estimations.

Le ralentissement, s’il se concrétisait, porterait un coup sévère aux pouvoirs réformistes du président Emmanuel Macron et exercerait une pression supplémentaire sur les finances publiques.

L'économie n'est pas seulement confrontée à un recul. La structure de la France pourrait être menacée puisque l'ancien ministre français de l'Education, Luc Ferry, qui a servi dans le gouvernement de Jacques Chirac et qui est maintenant philosophe, a déclaré que la police française devrait pouvoir utiliser ses armes une fois pour toutes et ouvrir le feu en direct. "gilets jaunes" manifestants.

«… Ce que je ne comprends pas, c'est que nous ne donnons pas à la police les moyens de mettre fin à cette violence. … "

Il y a déjà eu des blessés et une fatalité. Cela discréditerait l'opinion de 2016 selon laquelle les Français sont de plus en plus tolérants à l'égard des convictions politiques et religieuses. L'enquête, réalisée par la Commission consultative nationale des droits de l'homme (CNCDH), a révélé que les Français sont plus tolérants que les années précédentes.

Cependant, si la police lâchait des balles réelles, le temps d'un débat national serait révolu. L'image de la tolérance serait piétinée sous les pas de la peur. En bref, les politiciens auraient perdu le contrôle et la France serait confrontée à un désastre national.

Stephen Pope ~ MarketMind

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