La technologie de la blockchain dans le secteur de l'énergie: comment la France y réagit-elle?

La technologie des chaînes de blocs gagne en importance dans tous les secteurs. Tandis que certains pays sont encore sceptiques quant à l’adoption de la blockchain, d’autres font tout leur possible pour devenir les porte-drapeaux de cette technologie ouverte à grand livre. L'utilisation de la blockchain présente l'avantage de supprimer la couche intermédiaire, ce qui permet de gagner du temps et de réduire les coûts liés aux transactions. Comme la technologie utilise des protocoles cryptés, la sécurité est également assurée.

Technologie Blockchain et la France

En France, la blockchain est une industrie dynamique et le pays fait beaucoup plus pour améliorer son utilisation dans les industries ainsi que dans différents départements, à la fois du secteur public et du secteur privé. En fait, le pays a élaboré un plan ambitieux visant à devenir une plaque tournante de la technologie de la blockchain au sein de l'Union européenne et a pris de nombreuses mesures pour réaliser ce rêve. Selon le ministre des Finances du pays, Bruno Le Maire, l’adoption de la blockchain offrira de nouvelles opportunités aux startups, grâce auxquelles les entrepreneurs pourront collecter des fonds via des offres de pièces de monnaie initiales (ICO). En décembre dernier, deux parlementaires français ont soumis le rapport au parlement du pays, recommandant au gouvernement d’investir 500 millions d’euros dans le pays au cours des trois prochaines années pour faire de la France une nation blockchain.

Application de la blockchain dans le secteur de l'énergie

L'application plus spécifique de la blockchain à laquelle la France assiste est dans le domaine de l'énergie. En raison de ses caractéristiques telles que la réduction des coûts de transaction, la haute sécurité et la désintermédiation, la blockchain connaît une grande popularité dans le secteur de l’énergie. Certaines des startups énergétiques du pays, telles que Evolution Energy et Sunchain, s'appuient sur les projets de blockchain pour décentraliser le système de distribution d'énergie actuel. Cependant, la blockchain doit surmonter plusieurs obstacles avant de devenir une technologie de base dans le secteur de l'énergie.

Afin de connaître le point de vue des experts sur l’application de la blockchain dans le secteur de l’énergie, Grenoble Ecole de Management (GEM) a organisé des baromètres du marché de l’énergie en décembre 2018. La principale question posée aux experts était liée à la direction générale que prend la blockchain dans le secteur énergétique français. En outre, interrogés sur l'application spécifique de la blockchain dans le secteur de l'énergie, la plupart des experts ont convenu que dans les cinq prochaines années, la blockchain serait effectivement utilisée pour charger / partager les véhicules électriques et le système de négoce d'énergie. De nombreux développeurs de blockchain travaillent actuellement sur ce dernier, à savoir des projets relatifs au système d'échange d'énergie entre homologues. Nous avons déjà assisté à un tel projet de partage d'énergie dans le pays en 2017, baptisé DIGISOL. Le projet a été conceptualisé dans le but de partager l’énergie solaire entre deux personnes résidant dans le même bâtiment. La manifestation à grande échelle du projet reste toutefois à prendre forme.

La blockchain peut être utilisée efficacement pour améliorer l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement du secteur de l'énergie. Avec l'aide de la technologie, les entreprises peuvent suivre et contrôler efficacement la production, le transport et la livraison d'énergie. L'organisation peut également identifier les différentes anomalies dans le système et en supprimant les goulots d'étranglement; cela peut améliorer l'agilité globale de l'opération tout en réduisant le temps de réponse. Parallèlement à ces avantages, les experts ont également souligné certains des défis uniques que la chaîne de télévision doit surmonter avant que celle-ci ne soit largement adoptée par le secteur de l’énergie français.

Défis pour la blockchain

L'absence de réglementation en matière de crypto-monnaie et un cadre quelque peu ambigu limitent le potentiel des solutions de type blockchain pour les entreprises du secteur de l'énergie. Les analystes de marché estiment qu'une réglementation et un cadre de contrôle clairs sont nécessaires pour renforcer les perspectives de blockchain dans le secteur de l'énergie. Le gouvernement français a pris des mesures pour réglementer la crypto-monnaie avec l'Autorité de normalisation comptable (ASA) du pays, qui a défini les différentes règles et procédures applicables à l'émission initiale de pièces de monnaie (ICO). Cela dit, certains problèmes, tels que les droits de propriété intellectuelle, le caractère exécutoire des contrats et la confidentialité des données, nécessitent une attention immédiate de la part du gouvernement.

L'énorme quantité d'énergie nécessaire au fonctionnement de la blockchain est un autre domaine délicat pour la blockchain. Selon une estimation, il faut 22 térawattheures (TWh) d'énergie pour faire fonctionner le logiciel Bitcoin et pour faire fonctionner la blockchain, il en faut encore plus. Cela signifie que la consommation globale d'électricité est relativement élevée dans le cas de l'adoption de la blockchain. La solution à ce problème consiste à utiliser du matériel à haute efficacité énergétique et à générer davantage d’électricité par le biais de sources renouvelables. Outre ces problèmes, l’adoption de la blockchain pose également des problèmes techniques. Seule une personne possédant un niveau élevé de savoir-faire technique peut exploiter la blockchain. Pour encourager son adoption à plus grande échelle, la technologie de la blockchain doit apparaître comme un moyen simple et simple de réaliser la transaction.