La course mondiale vers une agriculture urbaine viable et durable

Par Isabel Malsang

Paris, France — Dans un monde confronté à l’énigme de montagnes de déchets et d’obésité pour certains et de pénuries graves et de malnutrition pour d’autres, l’avenir de l’alimentation est l’un des plats principaux du menu mondial d’aujourd’hui.

Sur cette photo de dossier prise le 24 août 2017, un employé de la start-up d'agriculture urbaine Aeromate vérifie la présence de légumes et d'herbes aromatiques poussant sur le toit d'un immeuble appartenant au groupe français de transport public RATP dans le cadre d'un projet d'agriculture sur toit situé à Paris. Jardins urbains collectifs ou agriculture verticale: l'agriculture urbaine, qui varie selon les pays et les villes, est en développement mais en quête de durabilité et de viabilité. AFP

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’un des ingrédients essentiels est la tendance de plus en plus imaginative à l’agriculture urbaine. Cette recette aux multiples facettes est déjà utilisée par plus de 800 millions de personnes dans le monde.

La tendance prend de nombreuses formes – des jardins maraîchers collectifs, même dans les quartiers urbains les plus déshérités, aux fermes verticales connectées utilisant des techniques de culture en intérieur pour répondre à la demande croissante de denrées alimentaires dans des zones dépourvues de terres arables.

La FAO souhaite voir la tendance se développer et s'intégrer durablement et durablement dans les politiques publiques.

Yves Christol, de la coopérative française In Vivo, a identifié six modèles du genre.

Ils comprennent une variante européenne clé, gérée électroniquement sans recours à des pesticides, ni même à la terre ou au soleil.

Haricots verts signifie … Islande

«Cela a permis à l'Islande de devenir un important producteur de haricots verts», explique Christol, grâce au chauffage géothermique.

Les pays asiatiques sont également au rendez-vous, notamment Singapour, avec la ville-cité à forte densité de population voulant assurer l'autonomie alimentaire dans les hautes technologies.

Le Japon et la Chine ont cherché à donner une nouvelle vie aux sites qui hébergeaient autrefois des usines d’électronique, même si la stratégie semble coûteuse.

La Chine a lancé certaines fermes urbaines même dans des zones où le sol a été pollué par des métaux lourds et serait trop coûteux à nettoyer.

Le modèle américain, alors que des villes comme New York et Chicago cherchent à devenir durablement à l’abri de la faim, comprend des jardins hydroponiques – évitant efficacement les sols et utilisant des nutriments minéraux dans un solvant contenant de l’eau, bien que la rentabilité puisse s’avérer insaisissable.

Mais la taille est un problème et le concept ne sera pas viable «tant que le prix des légumes ne sera pas multiplié par quatre», afin de couvrir les coûts énergétiques, explique Christol.

  Contenants de fraises pour toujours

Le coût du transport des denrées alimentaires est particulièrement exigeant pour des entrepreneurs tels que Guillaume Fourdinier, fondateur de la start-up française Agricool à Paris et à Dubaï.

Son entreprise produit des fraises toute l'année dans des conteneurs d'expédition équipés d'un éclairage à LED. La raison d’être de l’agriculture urbaine, dit-il, consiste à lutter contre «la catastrophe écologique des transports».

«Aujourd'hui, avec nos conteneurs, nous sommes 120 fois plus productifs au mètre carré qu'en terrain découvert», déclare Fourdinier.

«Nous produisons de manière décentralisée et plus proche des clients», ajoute-t-il des fraises vendues à peine moins chères que leurs équivalents biologiques.

Paris a entre-temps mis au point son propre modèle d'agriculture urbaine, baptisé «Pariculteur», une série de projets mandatés par les mairies et conçus pour couvrir la plus grande partie possible de la capitale de la verdure via une montée en puissance de l'agriculture urbaine.

Un projet initial de 10 hectares (25 acres) pour le projet devrait atteindre 30 hectares d’ici l’an prochain.

L'écologiste urbain Swen Deral, qui a supervisé un projet paneuropéen d'agriculture urbaine l'année dernière, affirme que si le concept doit être financièrement viable dans les villes, il doit aller «au-delà de la production».

«Soit ils recyclent, soit ils créent des services liés à l’agriculture urbaine, aux activités éducatives, aux restaurants, etc.», explique-t-il.

Les chercheurs soulignent l’avantage supplémentaire de l’agriculture urbaine de lutter contre les effets du changement climatique alors que ses partisans cherchent à réinventer l’existence urbaine.

François Mancebo, chercheur à l’Université de Reims en France, a résumé le défi dans un article publié par MDPI, éditeur en libre accès, en libre accès, intitulé «Jardinage urbain: gérer la durabilité et s’adapter au changement climatique grâce à l’agriculture urbaine».

Mancebo a déclaré que le concept devait devenir partie intégrante de la planification urbaine, les responsables politiques locaux soulignant la nécessité d'une participation active des citadins.

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