Enquête ouverte après qu'une femme de 73 ans a été grièvement blessée lors de la manifestation du "gilet jaune" à Nice

Les procureurs ont ouvert une enquête pour tenter de déterminer ce qui s'était passé lorsque Genevieve Legay, âgée de 73 ans, avait été grièvement blessée à la tête.

Lorsque les ambulanciers paramédicaux ont évacué la militante Legay de la manifestation, elle saignait à la tête mais restait consciente, ont indiqué des journalistes de l'AFP présents sur les lieux.

Sa fille a déclaré par la suite qu'elle avait souffert de plusieurs fractures du crâne et d'hématomes sous-duraux.

Arie Alimi, l'avocat de la famille, a déclaré à l'AFP qu'ils déposeraient une plainte formelle contre les autorités pour actes de violence à l'encontre d'une "personne vulnérable".

Le gouverneur de la région serait nommé dans le procès, qui devait être soumis lundi.

"La plainte de la police était très violente", a-t-il déclaré. "Mme Legay … a été très gravement blessée."

Mais contrairement à certaines informations, elle était dans un état stable et non dans le coma, a-t-il ajouté.

Les photos et les séquences vidéo de la manifestation de samedi la montraient portant un drapeau de couleur arc-en-ciel sur lequel était inscrit le mot "paix".

Legay est un militant du groupe de campagne sur la justice sociale Attac. Le groupe a publié sur son site Internet un message demandant une enquête afin de déterminer qui était responsable de ses blessures.

Dans une interview accordée à Nice-Matin, le président Emmanuel Macron lui a souhaité "un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse".

"Lorsque vous êtes fragile et que vous pouvez être contourné, vous ne vous rendez pas dans des endroits définis comme interdits et ne vous mettez pas dans des situations comme celle-ci", a-t-il déclaré.

Les procureurs locaux et le ministre français de la Justice ont indiqué dimanche que les manifestations dans certaines parties du centre-ville avaient été interdites.

(Geneviève Legay à la manifestation de samedi. Photo: AFP)

La ministre, Nicole Belloubet, a été interrogée sur l'incident lors d'une interview avec la chaîne française BFMTV.

Tout en souhaitant un prompt rétablissement à Legay, elle a déclaré: "Je trouve tout de même curieux que, lorsqu'une manifestation a été interdite, comme ce fut le cas à Nice, quelqu'un s'en va avec l'intention déclarée de manifester à cet endroit."

"Dans certaines villes, les manifestations ont été interdites.

"Suite aux avertissements, une personne qui reste sur place est susceptible de commettre un crime et c'est dans ce contexte que les événements se sont produits."

Le procureur Jean-Michel Pretre a déclaré qu'ils faisaient tout leur possible pour découvrir ce qui s'était passé.

"Lorsque vous restez dans une manifestation après que la police (la police) vous avertisse que les gens doivent se disperser, c'est un crime."

Dans le cas de Legay, toutefois, il n’était pas clair si elle se trouvait dans la zone interdite ou au bord de celle-ci lorsque la police a agi contre les manifestants.

(Il y a eu des affrontements entre policiers et manifestants à Nice, où des manifestations avaient été interdites dans certaines parties du centre-ville. Photo: AFP)

Les manifestations de ce week-end ont également été interdites dans certaines parties de Paris et dans les centres-villes de Toulouse, Bordeaux, Dijon et Rennes.

Les tribunaux français ont jusqu'à présent condamné environ 2 000 manifestants du "gilet jaune" depuis le début des manifestations, a déclaré Belloubet à BFMTV.

"Sur les 2 000 condamnations qui ont déjà eu lieu, le chiffre qui devrait être retenu est que 40% sont des peines de prison", a-t-elle déclaré.

Selon les chiffres du ministère de la Justice, ils allaient d'un mois à trois ans.

Le ministre a ajouté que 60% des condamnations concernaient des travaux d'intérêt général, des peines avec sursis ou d'autres peines non privatives de liberté.

Près de 1 800 cas résultant des manifestations, à Paris et dans d'autres villes françaises, tous les samedis depuis le 17 novembre, doivent encore être résolus et 8 700 personnes ont été arrêtées, a-t-elle déclaré.

Plus de 40 000 personnes sont descendues dans les rues de France samedi pour la 19ème semaine consécutive de manifestations anti-gouvernementales, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

Le gouvernement a redéployé des soldats de sa force anti-terroriste Sentinelle pour garder des bâtiments publics à Paris, libérant 6 000 policiers à Paris pour faire face à toute flambée de violence.