Emmanuel Macron fait appel aux entreprises françaises pour réprimer "gilets jaunes"

Emmanuel Macron a fait campagne pour la présidence française en tant qu’ami des entreprises, qui allégerait le fardeau fiscal et réglementaire des entreprises tout en réconciliant les Français avec la création de richesses. Désormais confronté à la plus grande crise de sa présidence, il pousse les entreprises françaises à faire davantage pour aider les bas salaires et à combler le manque cruel dans les coffres publics.

Après des semaines de manifestations de rue souvent violentes organisées par des manifestants en colère contre la baisse du niveau de vie, M. Macron a été contraint retraite coûteuse propose cette semaine 10 milliards d’euros de dépenses supplémentaires aux groupes les plus pauvres de France, notamment des augmentations de salaire minimum et une aide supplémentaire pour les retraités.

Il invite maintenant le secteur privé à jouer son rôle. Plus de 100 chefs d’entreprise du pays ont été convoqués mercredi soir au palais de l’Elysée pour entendre l’appel de M. Macron. Le président a déclaré que "ce n'est pas seulement un problème pour l'État français, il s'agit de la société française et de son modèle économique", a déclaré l'un des dirigeants.

La torsion des bras a déjà donné des résultats. Des sociétés telles que Publicis, Orange, Iliad et Altice ont donné suite à la proposition de M. Macron de verser des primes non imposables à leurs employés. Le major pétrolier Total a déclaré qu'il le ferait donner 1500 € Le tyremaker Michelin a rejoint la liste jeudi en annonçant qu'il verserait une prime exceptionnelle aux employés dont le salaire est inférieur à 34 000 €. Les banques françaises ont accepté de ne pas augmenter les frais de ménage l'année prochaine. EDF, la société énergétique largement contrôlée par l'État, a été condamnée à geler les prix pour le premier semestre de l'année prochaine.

Mais le gouvernement exerce de plus en plus de pression sur le secteur des entreprises, laissant entendre que les entreprises pourraient être obligées de payer plus d'impôts pour réduire le déficit budgétaire qui devrait dépasser le seuil de 3% fixé par l'UE après les engagements de dépenses de M. Macron visant à réprimer les gilets. jaunes proteste.

M. Macron s'est également engagé à lutter contre l'évasion fiscale, déclarant lundi: "Le dirigeant d'une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises qui y réalisent des bénéfices doivent payer l'impôt, c'est une justice simple."

Bruno Le Maire, ministre français des Finances, a déclaré mercredi: "Dans les circonstances actuelles, il n’est pas illégitime d’exiger un effort particulier de la part des grandes entreprises."

«Les entreprises doivent jouer leur rôle», a déclaré une source de l'Elysée. "Ce que le président pense, c'est que le modèle français actuel ne fonctionne pas, il doit changer."

Le gouvernement al’intention de s’appuyer sur les entreprises pour maintenir le déficit aussi près que possible de 3% en levant environ 2,5 milliards d’euros par an. Parmi les mesures envisagées figure une pause dans la réduction prévue de l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises.

M. Macron souhaite également adresser un message politique aux gilets jaunes après avoir été critiqué pour dire que ses réformes ont été axées jusqu'à présent sur les intérêts des entreprises et les riches.

«Si le gouvernement demande une contribution supplémentaire des plus grandes entreprises, ce sera très populaire. Les Français penseront que c'est une mesure de justice », a déclaré Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès.

Mardi 11 décembre 2018

Depuis son entrée en fonction, le président a remplacé un impôt sur la fortune avec une taxe plus étroite sur la propriété pour encourager les entrepreneurs à revenir en France et à investir dans l'économie réelle. Il a également réduit l'impôt sur les sociétés et réformé les marchés du travail pour faciliter les licenciements. Un projet de loi est en préparation pour faciliter la gestion d’une entreprise.

Le président espère que les bénéfices iront éventuellement aux travailleurs français. Mais l’enchaînement des réformes lui a valu une réputation de «président des riches», ce qui a alimenté la Les griefs de gilets jaunes.

Les événements de ces derniers jours suggèrent que M. Macron a recours aux techniques éprouvées des présidents français: des membres de l'élite du monde des affaires qui brouillent les sourcils.

Lors de la réunion de l'Elysée, le directeur général a déclaré qu'il était «acquis la conviction que les grandes entreprises françaises doivent prêter une attention particulière aux provinces, aux banlieues et aux zones rurales».

Les entreprises agissent également par leurs propres intérêts. Les détaillants et les restaurants ont déjà payé un lourd tribut aux manifestations qui entravent leur commerce depuis des semaines. Les manifestations coûteront à l'économie 0,1% de la croissance cette année, selon M. Le Maire.

Une mesure de l’activité étroitement surveillée – l’indice des directeurs d’achat IHS Markit – contracté en novembre pour la première fois en deux ans et demi, les données publiées vendredi ont montré.

À plus long terme, un président qui continue de promettre les réformes recherchées par les entreprises continue de recevoir un soutien.

«Les investisseurs internationaux veulent qu'il poursuive ses réformes. Pour le moment, il est plus facile de s'adresser aux plus grandes entreprises et de leur demander une contribution exceptionnelle », a déclaré M. Bouzou. "Je pense que ce sera compris."

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