Des Roms en France cherchent une protection après les attaques provoquées par de faux enfants arrachant des rumeurs

La police a arrêté 20 personnes à la suite d'attaques perpétrées lundi soir contre des Roms dans les banlieues du nord-est de Paris, à la suite de fausses rumeurs diffusées sur des applications de messagerie et des médias sociaux mettant en garde contre les enlèvements.

"Nous demandons aujourd'hui au ministère de l'Intérieur … d'obtenir une protection immédiate grâce à une présence policière permanente", a déclaré Anina Ciucin, avocate et porte-parole du groupe "La voix des Roms".

Elle a déclaré que ces reportages étaient "une renaissance du stéréotype médiéval" de la Rome, dans lequel "les gitans sont comparés à des voleurs et des enfants qui prennent soin des enfants".

Les attentats semblent avoir été provoqués par la réapparition d'un canular en ligne de longue date, répandu en France depuis des années, dans lequel des personnes avertissent qu'une camionnette blanche a été utilisée pour tenter d'enlever des jeunes femmes ou des enfants.

La police a renouvelé ses appels sur Twitter pour ne pas relayer les accusations et a confirmé qu'il n'y avait eu aucun rapport d'enlèvements dans la région.

Un camp de Roms construit en 2017 sur une voie de chemin de fer abandonnée dans le nord de Paris. Photo: AFP

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a qualifié les attaques d '"inacceptables", ajoutant que cela montrait "la nécessité absolue de lutter contre les" fausses informations "".

"La propagation de ces rumeurs de manière très organisée et virale sur les médias sociaux aboutit à la violence (et) à la stigmatisation d'une communauté", a-t-il déclaré, qualifiant le processus de "détestable".

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Lors d'une attaque lundi soir dans la banlieue de Bobigny, une cinquantaine de personnes armées de bâtons et de couteaux ont attaqué des Roms vivant dans un bidonville proche, incendiant leurs fourgonnettes garées.

"Depuis lors, nous sommes constamment effrayés", a déclaré Georghe Marcus, l'un des 150 Roms originaires de Roumanie, de Serbie et de Moldavie qui vivent dans des terrains vagues au bord d'un canal.

"Nous ne dormons pas parce que nous gardons la garde toute la nuit."

Des Roms ont également été poursuivis dans la banlieue parisienne de Clichy-sous-Bois et ont dû se réfugier dans un supermarché pour échapper à la violence, selon Ciucin et des sources judiciaires qui ont parlé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

Des tensions

Le 16 mars, une bande d'environ 20 jeunes a attaqué deux personnes dans une fourgonnette blanche à Colombes, en banlieue parisienne, les laissant légèrement blessées, a annoncé la police.

De nombreuses rumeurs semblent avoir été répandues sur le service de messagerie Snapchat, ainsi que sur Facebook, où les messages de personnes affirmant que leurs enfants ou des membres de leur famille avaient été approchés par des étrangers ou enlevés ont été largement partagés.

En décembre, la police de la ville de Versailles, dans l'ouest de Paris, avait lancé un avertissement concernant des rumeurs d'enlèvements diffusées en ligne.

La police a rappelé aux utilisateurs de réseaux sociaux que la loi française pouvait répandre une fausse rumeur sous peine d'amende allant de 45 000 à 135 000 euros.

Des dizaines de milliers de Roms vivent en France depuis des siècles, mais un nouvel afflux d'environ 20 000 personnes, principalement roumaines et bulgares, a entraîné la création de nouveaux bidonvilles et une augmentation des tensions, selon une étude de 2017 du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) parrainé par le gouvernement.

Les gouvernements français successifs ont cherché à démanteler les bidonvilles et à rapatrier les Roms récemment arrivés qui, s'ils étaient autorisés à voyager librement en Europe, ne pouvaient postuler à des emplois en France à moins de posséder certaines qualifications.

Selon le groupe de défense des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, entre 10 et 12 millions de Roms, également appelés Roms, vivent en Europe, dont six millions à l'intérieur des frontières de l'Union européenne.